Les « militants » sont en émoi. Ce n’est pas la première fois, mais cette fois Paul Bérenger se retrouve en minorité au MMM et ils n’en reviennent pas. C’est qu’ils avaient cru jusqu’ici à leur propagande au sujet de la démocratie au sein de leur parti. Sans jamais s’interroger du fait que cette prétendue démocatie ait été jusqu’ici incapable d’accoucher d’une alternance. Au No 19, pas de neuvaine à Sainte-Anne pour traiter de cette infécondité au sommet. Mais, il y a un coup que même ce cher camarade Steeve, célèbre pour son afféterie, n’aura pas vu venir. A force d’avoir fait l’âne transformé en bourrique aujourd’hui, on aura oublié qu’il était le baudet d’hier sur lequel s’était hissé ce messie acclamé sous les rameaux. Or, nous devons établir que celui qui demeure parlementaire, a « parlé manti ». Aujourd’hui ou hier ? Ou plutôt hier comme aujourd’hui ?
Avec leur assemblée des délégués, leur comité central et leur bureau politique, les « militants » étaient fiers de ce dispositif ressemblant à une mécanique bien huilée garantissant le sans-faute des processus consultatifs. Un « modèle de démocratie » aimait s'en vanter Paul Bérenger. Avant l’adoption de cette constitution, le Leader avait su habilement user du mécanisme de cooptation pour se constituer une coterie, efficace pour faire échec à certaines orientations qui ne correspondaient pas à ses calculs. Calculs qui, à bien voir, se réduisaient à ces considérations qui ont fini par être décrites comme du « communalisme scientifique », cette science des divisions ethno-castéistes et des paravents hindous. Certainement pas au goût de ceux des marxistes-léninistes et autres progressistes de l’époque. Mais, comme leurs arguments étaient souvent écartés, certaines réunions à la rue La Poudrière finissaient en pugilats et en bombardement de chaises volantes.
Et bien sûr, la presse de l’époque, comme celle d’aujourd’hui d’ailleurs, se contentait d’informer de « dissensions ». On vit ainsi l’apparition de mouvements « dissidents » : MMMSP, Lalit, Rézistans ek Alternativ... La complaisance éditoriale s’essaya à l’équilibre médiatique en semaine et se dévergondait le cul libre en week-end... Des colonnes au livre, le camarade Malenn composa les psaumes du culte nouveau : l’histoire d’un combat ! Celui d’un Travailliste qui, n’ayant pu s’assumer, faisait la louange d’Emmanuel Anquetil en espérant que cela eut pu suffire pour s’absoudre de l’indignité d’une filiation à Maurice Curé et à Guy Rozemont qui eux, échouèrent sur les berges de la précarité pendant que le Chacha faisait fortune en politique. Un syndicaliste à River Walk, qui dit mieux ?
C’est toujours Paul le mieux disant. Surtout au moment où il entend, ce samedi, battre le rappel de « la base », les délégués des branches qui, estime-t-il, sauront faire basculer cette démocratie du comité central qui n’aura su s’exprimer en sa faveur. Ainsi, il y a ce registre des délégués qui n’est toujours pas à jour, malgré les incessants appels du Leader pour son actualisation. Bref, il n’y a pas que le Navin qui l’aura envoyé paître, car même au sein de son parti on l’aura envoyé dinguer. Alors, ayant maintenant abandonné son maroquin, il se rabat sur la constitution de son parti, un charabia qu’il estime « inapplicable ». Ainsi, la presse rapporte... Et cette presse mainstream se rend coupable d’un délit, celui de diffuser de fausses nouvelles !
Car, quand bien même quelque Antoine eut pu en faire l’apologie, il faudrait que plus d’un le brasse pour que le pipi se boive comme de la petite bière. Car, la réalité ne s’arrête pas aux considérations prétendument morales des opinionistes de la bourgeoisie de Week-End, ou celle aléatoire de L’Express, qui n’ont jamais su questionner les conditionnements sociaux qui les gouvernent. Or, la réalité devrait essentiellement s’ancrer dans les faits, et ceux-ci vérifiables.
Pour peu que l’on vérifie, que voit-on ? Cette constitution du MMM est une daube qui a été promue par nul autre que... Paul Bérenger lui-même ! Qui avait dit à l’assemblée des délégués, « instance suprême du MMM » que la constitution qui leur était présentée était un « travail admirable » ? Le samedi 26 novembre 2016, Paul Bérenger présentait le rapport de Steeven Obeegadoo, jusqu’alors son plus fidèle lèche-pompes, comme « une beauté » ! Il n’y a rien à inventer. Nul Sheik Hossen, encore moins de document libyen à expertiser. Le tic de langage, révélateur de la blanchitude locale, attestait de l’authenticité du propos. Si vous n’en croyez pas vos oreilles ou doutez de ce que vous lisez, plutôt que les bras ne vous en tombent ou que vos jambes flanchent, asseyez vos augustes derrières dans de robustes fauteuils. Car, nous citons bien du compte rendu officiel du MMM tel qu’affiché sur son site !
En effet, c’est bien ce site qui nous apprend encore que : « Les militants adoptent la nouvelle Constitution pour le 21ème siècle » ! Excusez du peu en matière de prétention. Et puis, voilà que Ton Paulo nous apprend aujourd’hui que le Steeve a merdouillé et que ladite constitution n’est pas « applicable » et tutti quanti. Bref, on devrait comprendre que, depuis 2016, le site a buggé et, en dix ans, personne ne l’a corrigé ! Ou plutôt, pour faire plus simple : tant que le faux faisait vrai, cela n’embarassait pas le camarade Paul. Mais maintenant que nous révélons le faux, les « militants » militeraient-ils pour le vrai ?
Le fait est que : « L’assemblée des délégués, instance suprême du MMM, qui s’est réunie à Belle-Rose, ce samedi après-midi 26 novembre, a voté pour l’adoption de sa nouvelle constitution. Elle a été votée par la majorité des quelques centaines de délégués présents avec seulement une abstention ». Le site ne nous apprend pas qui est ce valeureux abstentionniste, ni ne nous apprend si celui-ci est toujours membre de cette organisation très démocratique.
En tout cas, selon le camarade Paul Bérenger, « le texte représente bien le socialisme moderne qu’entend représenter le MMM, en le comparant avec ce parti radical et révolutionnaire de 1969 ». Le camarade Subron avait peut-être raison de parler de deuil... Celui de la démocratie au MMM !
Le faux ainsi révélé signifie-t-il la fin du menteur ? Telle est la question qui se pose aux « militants », ceux-là certainement plus prompts à s’émouvoir de l’incarnation du mythe fondateur que de s’indigner des mensonges établis. Soit il y avait un manipulateur qui, hier encore, leur a fait adopter une constitution merdique ou alors, c’est un manipulateur qui entend leur vendre aujourd’hui l’idée d’une constitution qui serait une sous-merde. On pourrait comprendre que les pauvres « militants » ne s’y retrouvent pas.
Ce qu’il faudrait peut-être retenir, dans un cas comme dans l’autre, c’est que le manipulateur serait définitivement le même. Sera-t-il défait ou alors, comme au jeu, pourra-t-il se refaire ? Contrairement à l’abbé Goupille et les membres de son conseil des religions, on pourrait postuler que les Mauriciens pratiquent une religion unique : ils ont foi dans les jeux de hasard ! Et vu sous cet angle, le camarade Paul est un digne représentant d’une nation de « zougadèr ».
Va-t-il surenchérir ? Quelle question ! C’est la règle du jeu. Il y va de sa survie. Ou alors, nous l’aurons achevé par la démonstration de son mensonge. Faites vos jeux !
Joël TOUSSAINT
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